La
Ville d’été
Création
Comprise dans un périmètre partant du Château Deganne jusqu'à
l’allée de la Chapelle, la Ville d’Eté est par excellence le quartier où se
concentrent les plus grands hôtels, les commerces et les organes
administratifs (maire, poste, tribunal…). C’est la partie vraiment urbaine et
agglomérée d’Arcachon. C’est également le quartier le plus ancien.
Hétérogénéité architecturale et dynamisme font de la Ville d’Eté un lieu
de vie prisé par tous.
Le Château Deganne
Adalbert Deganne (1817-1886), Maire d’Arcachon, a fait construire en
1853, un château inspiré du Château de Boursault, près d’Epernay.
Ce château, construit en bord de mer et réaménagé en 1903, accueillit en
son temps d'illustres personnages dans sa salle des fêtes et de Théâtre.
Faisant office pendant la « Grande Guerre »d'hôpital, et pendant la
seconde guerre mondiale, de Maison du Soldat, le Château devint, plus tard, le
Casino de la Plage. C’est l’un des symboles incontournables de la Ville d’Eté.
Le Grand Hôtel
Edifié en 1863 par la Compagnie du Chemin de Fer, incarnée par deux
des grands promoteurs d’Arcachon : Isaac et Emile Péreire, l’Hôtel accueillait
des hôtes de prestige : Elisabeth Wittelsbach, plus connue sous le nom de
Sissi l’Impératrice en 1890, Le Maréchal Mac Mahon (1er Président français de
la IIIème République), la Reine Ranavalo de Madagascar en 1906…
Suite à un important incendie en 1906, il se retrouve modernisé et
agrandi. Il est devenu aujourd’hui, la résidence du Grand Hôtel.
Le Front de Mer
Lieu de promenades vespérales favori des Arcachonnais, le Front de Mer
que l’on connaît aujourd’hui est le résultat d’aménagements successifs.
Le débarcadère d’Eyrac est achevé en 1845 ; la Place Thiers en 1882.
C’est sous Veyrier-Montagnères cependant (Maire d’Arcachon de 1897 à 1922) que
le Front de Mer est aménagé et se dote de perrés, de jetées-promenade et de
l’éclairage en 1914. La fameuse jetée Thiers*, élément emblématique de la
Ville, a été construite par l’entrepreneur bordelais Goguel. Il
faut attendre 1936, cependant pour l’inauguration du boulevard Gounouilhou.
Les affres du temps ayant mis à mal la jetée, il était
impératif de la reconstruire. Ce fut chose faite et les Arcachonnais ont pu
découvrir leur nouvelle jetée en avril 2004.
La
Ville d’Hiver
Création
Avec l’acquisition par les Frères Péreire de 400 hectares de forêt
domanial sur ce qu’il était commun d’appeler « la montagne » , l’idée d’une
future Ville d’hiver commence à prendre forme. Il s’agissait pour la Compagnie
du Midi de rentabiliser la ligne de chemin de fer (dont le prolongement
jusqu’à Arcachon est achevé en 1857), avec la création d’une fructueuse
opération immobilière. Celle-ci vit le jour, en 1862.
Ville d’Hiver, ville de santé
Le développement d’Arcachon et de la Ville d’hiver est intimement
lié à la vocation « médicale » de la cité. Il est vrai que les essais de
médecins vantant les mérites du climat et de la forêt sont abondants au 19ème
siècle.
Dès lors, en Ville d’hiver s’élèvent de nombreux hébergements à
destination des particuliers.
Les plus aisés pouvaient s'offrir le charme et le confort d'une villa ou
d'un logement au sein de « maisons de famille » spécialement équipées. Pour
les autres, des sanatoriums à l’aspect de « chalet » furent crées.
Des Villas flamboyantes
En 1867, la Société Immobilière d’Arcachon filiale de la Compagnie du
Midi fit construire 73 villas. Des particuliers firent également bâtir des
villas de tous styles qui empruntaient leur architecture à l’Espagne, l’Italie
ou l’Afrique du Nord, au style classique ou encore au Moyen Age.
Des bow-windows de la Villa Enchantée au donjon de la Villa Coulaine en
passant par des motifs orientaux de la Ville Myriam, la Ville d’Hiver n’a de
cesse de susciter l’intérêt des architectes et l’émerveillement des promeneurs.
La Ville d’Automne
Création
Sur d’anciens guides arcachonnais, on peut lire que la Ville
d’Automne "s’étend du Château de la Teste et comprend les
quartiers Saint Ferdinand, d’Eyrac, du Moueng, de l’Aiguillon".
L’avenue Deganne et l’avenue de la République sont les deux axes
principaux qui la traversent.
Ce quartier a ainsi été baptisé par la Société Immobilière, en 1881, en
écho à ses deux sœurs : la Ville d’Eté et la Ville d’Hiver.
L’église Saint Ferdinand
Saint Ferdinand était à sa construction en 1854, une simple chapelle.
Il faut attendre le décret impérial du 12 janvier 1870 pour que celle-ci
ne soit érigée en paroisse.
Ce lieu de culte fit, ensuite, l’objet de quelques transformations. La
première chapelle, trop petite et découronnée par un ouragan fut remplacée par
une église de style roman en 1900, surmontée d’une œuvre d’Edmond Chrétien, le
Christ Pancréator.
Le Parc Privé du Château Deganne
Le parc privé de Deganne (qui comprenait, entre autres, le Château)
couvrait une superficie 15000 m² et s’ouvrait sur deux avenues ornées de très
belles villas.
Celles du Boulevard Deganne ont été pour la plupart conservées et
portent des noms témoignant de l’érudition des propriétaires : Villa
Graziella, Villa Périclès, Villa le Cid.
Saint Dominique où les jeunes filles recevaient leur instruction des
sœurs dominicaines et Saint Elme, établissement destiné aux garçons, font
toujours partie du prestigieux patrimoine de la Ville d’Automne.
La Ville de Printemps
Création
La Ville de Printemps s’étend de la Basilique Notre Dame au Parc
Péreire. Notre Dame, La Croix des Marins, mais aussi les belles villas bordant
l’avenue Sainte Marie constituent quelques uns des principaux attraits du
quartier.
Notre Dame d’Arcachon et La Croix des Marins
L’église Notre Dame, dont le clocher s'élève à 59 m, a été
construite en 1856 par l’architecte Gustave Alaux, puis agrandie par son fils
quelques années plus tard, entre 1883 et 1884.
A l’intérieur de l’église, la chapelle des Marins abrite toujours la
fameuse statue de la vierge, trouvée sur le bord de mer par le moine
franciscain, Thomas illyricus, en 1519.
A 150 m de la jetée, en direction de la plage se trouve la Croix des
Marins. Elle est érigée en 1902, année de la construction, de la jetée
limitrophe. Il est d’usage pour les marins de la saluer par des coups de
sirène, à chacun de leur passage. Chaque année le 25 mars, jour de la fête
patronale de la cité, une procession s’avance jusqu’à la Croix et la Jetée
pour rendre hommage aux marins disparus et bénir la mer.
L’avenue Sainte Marie
C’est dans cette belle avenue, ancienne propriété d’Adalbert
Deganne, Maire d’Arcachon que l’on trouve quelques unes des plus intéressantes
villas de la Cité. Des villas qui portent les noms des Marie Stella, Sainte
Marie, Saint Etienne, Saint François, Notre Dame, Sainte Elizabeth, Saint
Louis… sont pour la plupart des propriétés des notables locaux. Certaines
demeures ont hélas disparu comme le Chalet Rouge dont la richesse des
ornements et du mobilier illustraient le meilleur du savoir faire des artisans
de l’époque.
Le Parc Péreire
Ce quartier aujourd’hui résidentiel s’étendait à l’époque sur une
surface de 50 ha. Emile Péreire y avait érigé une vaste villa dans un parc qui
porte aujourd’hui encore son nom. Les Ecuries Péreire sont l’un des rares
témoignages qui subsistent de cette propriété.
Le Moulleau, un quartier à part entière
Création
Dès le début du 20ème siècle, le Moulleau charmait les touristes de
la grande société venus en villégiature profiter du grand air et s’adonner au
plaisir des chasses à courre. Le Moulleau était l’endroit où il fallait se
rendre au moins une fois lorsqu'on séjournait à Arcachon..
Le Moulleau, ligne de défense contre la Royal Navy
La création du Moulleau est corrélative à l’installation d’une
batterie de canons, en 1792, pour défendre préventivement nos côtes contre
les Anglais, en guerre contre la France. Les pièces d’artillerie furent
ensuite oubliées et décimées après la guerre et ce n’est qu’en 1899, au moment
de la construction du grand Hôtel que l’on retrouva l’une d’entre elles
désormais exposée en bord de plage. Au 19ème, la Bassin perdit définitivement
son rôle défensif, à l'exception de la dernière guerre mondiale, avec la
construction du Mur de l’Atlantique.
Notre Dame des Passes
En 1910, consacrée par le Cardinal Donnet, l’ancienne chapelle du
couvent des Dominicains construite par l’architecte Garros, devient église
paroissiale. Elle était surmontée à l’époque de deux clochetons qui ont
ensuite disparu lors de la rénovation du clocher.
Le tramway
La Belle Epoque est aussi marquée par la recherche d’un plus grand
confort, y compris dans les déplacements. C’est ainsi que le tramway, en
projet depuis 1899, est mis en service en 1912 pour relier l’Aiguillon au
Moulleau, faisant perdre, aux regrets de ses résidants, la belle tranquillité
de ce quartier.
Gabriele d’Annunzio
Parmi les personnages illustres qui séjournèrent au Moulleau,
l’écrivain poète Gabriele d’Annunzio est sûrement celui qui aura laissé les
souvenirs les plus vivaces.
Résident régulièrement à la Villa "Saint Dominique" et "Caritas", entre
1910 et 1915, il s’adonnait à différentes passions dont l’écriture.
«Contemplations de la Mort » et « Le Martyr de Saint Sébastien » ont été
écrits durant ses séjours arcachonnais.

En louant les bienfaits thérapeutiques des bains de mer, les effluves de
pins et l’air iodé, le corps médical français du 19ème siècle favorise le
développement d’Arcachon et son essor.
Les bains de mer : une mode importée
Pratiqués en Grande-Bretagne, les bains de mer deviennent en 1812,
la dernière « tocade » de la bourgeoisie bordelaise.
Tout ce que la région compte de hobereaux se retrouve sur les plages
pour goûter aux joies de la baignade et profiter des bienfaits marins. Les
médecins d’alors, lui attribuent de nombreuses qualités notamment dans le
traitement du rachitisme, de l’épilepsie ou encore de l’hystérie… Notre
littoral, jusque là vierge de villégiatures (la ville ne naît officiellement
que 40 ans plus tard), connaît alors ses 1ères foules estivales.
François Legallais : le précurseur
Devant l’engouement manifeste de ses contemporains pour l’eau de
mer, François Legallais décide d’ouvrir en 1823, un établissement de bains.
Le succès ne se fait pas attendre et cette initiative est, très vite,
imitée.
De nombreux hôtels et de belles villas font leur apparition, en bord de
mer, préfigurant ainsi la Ville d’Eté.
Le « bon air » d’Arcachon
Après les bains, c’est à l’air iodé et au climat que les médecins
attribuent des vertus curatives, notamment dans le soin des affections
pulmonaires et de la tuberculose en particulier.
Compte tenu de sa situation géographique à 50m d’altitude et de sa vue
imprenable sur le Bassin, la Ville d’Hiver devient le quartier privilégié des
malades de la grande société. Elisabeth d’Autriche, dite Sissi, fait partie de
ces patients prestigieux, venus bénéficier du « bon air ».
Après la seconde guerre mondiale, le lycée bordelais Michel de Montaigne
ouvre à Arcachon, une annexe destinée aux jeunes malades poursuivant leurs
études. En 1953, l’annexe devient le Lycée Grand Air.
Arcachon, ville thermale
L’ingénieur Louis Lemarié entreprend en 1922, un forage de
recherches pétrolifères. En 1923, il trouve à 465m sous terre, une eau chaude
à 25°c, légèrement sulfureuse et faiblement minérale. Fort de sa découverte
Louis Lemarié propose de rentabiliser la source en utilisant ses propriétés :
sa grande pureté.
Baptisée source Sainte-Anne, elle obtient en 1925 les autorisations de
l’Académie de Médecine et de l’Etat. Elle est recommandée aux hypertendus,
arthritiques, insuffisants rénaux et hépatiques…. Un établissement thermal,
sur le modèle basque, est construit en 1928. Tout est mis en œuvre pour que
les curistes retirent le maximum de bienfaits de leur séjour. En 1954,
Arcachon est classée comme « station thermale ».
Deux Médecins pour le grand air…
Docteur de son état et Maire d’Arcachon de 1880 à 1881,
Jean-Marie-Gustave exerce, à l’instar de son père : Jean Hameau, la fonction
de médecin-inspecteur des bains de mer, en 1855. En publiant divers livres sur
l’influence du climat dans quelques maladies de poitrines, il contribue à
promouvoir l’assise d’Arcachon au plan médical et scientifique.
Avec ses idées novatrices, le docteur Fernand Lalesque permit d’éviter
l’ostracisme des malades. Avec lui plus de sanatorium, vive la « cure d’air »
ou « libre » ! Ses patients peuvent ainsi évoluer dans des conditions
quasi-normales avec quelques précautions, tout de même : une hygiène de vie et
domestique irréprochable ! En 1902, l’hôtel Sanitas ouvre ses portes.
Situation
Cinquante ans à peine après sa création, la réputation d’Arcachon en
matière de fêtes et de divertissements étaient déjà bien établie. Comme dans
toutes les villes d’eaux, de nombreuses activités étaient proposées afin de
satisfaire la demande des visiteurs.
Aux côtés des fêtes mondaines qui se succédaient à la Belle Epoque et où
se pressaient des visiteurs de marque, artistes et aristocrates, des
festivités ponctuelles, prenant différentes formes et concernant
essentiellement les Arcachonnais, allaient s'inscrire dans la durée.
Fêtes religieuses
Les premières festivités arcachonnaises furent d’abord organisées
par les sociétés religieuses et patronales. N’oublions pas qu’avant de devenir
une station balnéaire, Arcachon était un lieu de pèlerinage avéré depuis le
16ème siècle. En 1626, le Cardinal-Archevêque de Bordeaux accorda une
indulgence à tous ceux qui visiteraient la Chapelle Notre Dame, le jour de
l’annonciation, le 25 mars, devenu depuis la date de la fête patronale.
Fêtes nautiques
Les régates et les fêtes nautiques ont été à l’origine du
développement touristique de la Ville. C’est en 1848 que sont organisées
les premières régates. Renouvelées chaque année, elles connaissent un succès
grandissant et une renommée internationale. Elles étaient, en effet,
autant appréciées des Arcachonnais que des touristes qui participaient
activement à ces courses.
Fêtes mondaines
La visite d’illustres personnages a été le prétexte de nombreuses
fêtes : Napoléon III en 1859, le Prince de Galles, futur Edouard VII en 1879,
ou encore l’impératrice Elizabeth d’Autriche en 1890. Bals, réceptions,
concerts, théâtre… constituent autant de loisirs qui rythment la vie de la
cité.
Le Casino Mauresque, l’Olympia, La Place Thiers, la Place des Palmiers,
Le Château Deganne sont quelques uns de ces lieux incontournables synonymes de
fête.
Fêtes sportives
Au début du 20ème siècle, une nouvelle forme de fête fait son
apparition, celle du sport.
De nombreuses sociétés sportives sont mises en place dans les années 30,
par la Municipalité. L’inauguration de celles-ci étaient le prétexte de
grandes fêtes.
L’un des premiers projets de la commune a été de construire des arènes
aux Abatilles. En effet, les courses landaises et la tauromachie étaient des
spectacles très prisés d’un public majoritairement originaire des Landes,
d’Espagne et d’étrangers en villégiature.