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La grand‑voile arcachonnaise

Crées en 1863 et 1874 les chantiers Navals Bonnin et Bossuet installés sur le bassin hissent avec panache les couleurs de la construction navale arcachonnaise.

L’histoire de ces deux entreprises familiales s’entrecroise avec le récit de l’amitié qui unit les deux dirigeants actuels, héritiers d’un savoir-faire ancestral. Elle se manifeste aussi par la création en 2011 d’une société commune dénommée Bô yachting, spécialisée dans la
construction de voiliers.

 

Les entreprises créées au 19ème siècle et toujours présentes sur le Bassin ne sont pas si nombreuses que cela. Celles qui sont encore gérées par un membre de la famille originelle après cinq générations encore moins ! C’est pourtant la gageure des chantiers navals Bonnin et Bossuet gérés par Alexis Bonnin d’un côté, Jean-Baptiste Bossuet de l’autre. Alors que ces sociétés assurent l’une et l’autre des
prestations d’entretien et de réparation des bateaux, elles ne s’inscrivent absolument pas dans une logique de concurrence. « Nous avons chacun nos clientèles respectives et l’ambiance entre nous est excellente » confirment d’une même voix les deux dirigeants, dont les similitudes de vie sont assez incroyables.
Ils ont le même âge ou presque, se sont connus à la maternelle, ont été tous les deux au lycée de la Mer, à Gujan-Mestras. Ils ont travaillé ensuite dans l’entreprise familiale. Le destin a voulu qu’Alexis Bonnin et Jean-Baptiste Bossuet perdent chacun leur père la même année,
à dix jours d’intervalle, en 2010. Alexis Bonnin et Jean-Baptiste Bossuet pilotent aujourd’hui leur entreprise respective et font perdurer ainsi la saga familiale.
Leur amitié et leur proximité les ont poussés de surcroît à créer ensemble en 2011 la société commune Bô Yachting, fruit de l’excellence et de l’innovation.

De magnifiques voiliers

« Nous avions à cœur de créer de beaux bateaux, assemblant le geste artisanal et les avancées technologiques. C’était aussi un moyen par ce biais de rendre hommage à nos pères » poursuivent les deux dirigeants dont le carnet de commandes est soutenu, malgré la crise sanitaire. La quinzaine de voiliers construite à ce jour traduit toute l’expérience de l’entreprise.
Sans publicité, elle séduit des clients du Bassin mais aussi d’ailleurs, avec une commande récente du Morbihan. Entre leur BÔ 28 (un voilier polyvalent de 28 pieds), le Ti’Bac (voilier inspiré du bac à voile du bassin d’Arcachon) et leur dernière création (une vedette de
13 mètres), Alexis Bonnin et Jean- Baptiste Bossuet font d’une pierre deux coups. Ils donnent libre cours à leur inspiration et alimentent grâce à la vente de bateaux neufs leurs chantiers navals respectifs.
Quant à savoir si leurs enfants reprendront l’entreprise comme leur père, grand-père, arrière-grand-père et
aïeux avant eux, c’est trop tôt pour le dire. Une chose est sûre : leurs descendants baignent déjà dans les valeurs familiales de ces deux chantiers navals. « Nous sommes effectivement des entreprises familiales par excellence. Nous cultivons cet esprit avec nos
collaborateurs, mais aussi avec nos clients qui deviennent au fil du temps des amis. Nous embauchons aussi des apprentis car la transmission dans nos métiers est essentielle » concluent les deux hommes qui ont comme passion la mer, Arcachon et le Bassin pour qui ils hissent la grand-voile…

Ils ont dit

Alexis Bonnin :

« Nous avons traversé les siècles à travers six générations de charpentiers de marine qui ont œuvré pour transmettre leur savoir-faire.
Cette transmission se perpétue aujourd’hui grâce aux anciens collaborateurs, dont certains m’ont vu en culottes courtes sur le chantier, et aux jeunes qui nous rejoignent ».

Jean-Baptiste Bossuet :

« Ce qui me rend fier, c’est le plaisir personnel et intellectuel de créer de beaux objets et de rendre nos clients heureux. Nous avons un retour d’émotion très touchant de leur part. En cette période difficile, nous vendons du rêve et cela leur fait du bien ».

 

 

 

Chantier naval Bossuet

Jean-Baptiste Bossuet est à l’origine de la création du chantier naval à l’Aiguillon, sur le site actuel de l’entreprise. Le succès est au rendez-vous avec 25 ouvriers à la fin du 19ème siècle. Le chantier se diversifie avec l’activité de réparation, d’entretien et de gardiennage d’engins flottants. Réquisitionné pendant l’occupation allemande, Guy Bossuet rachète le chantier et relance l’affaire familiale. Ses talents de régatier en font un adversaire redouté sur tous les plans de France et d’Europe.
Guy Bossuet puis son fils Michel font face dans les années 70 à l’arrivée du polyester dans la construction navale. Ils décident de se spécialiser dans la restauration des unités en bois du Bassin. L’activité de production, qui reprend dans les années 1980 et 1990 avec le renouveau de la voile, relance le chantier dirigé par Michel Bossuet qui cède le gouvernail à son fils Jean-Baptiste en 2006. L’entreprise compte aujourd’hui 3 personnes.

 

Chantier naval Bonnin

Créé en 1863 par Jean Bonnin, breveté de l’école nationale des charpentiers de marine de Rochefort, le chantier naval s’installe à Lormont près de Bordeaux avant de prendre ses quartiers à Arcachon en 1928. Réquisitionné pendant la Seconde Guerre Mondiale puis récupéré, Louis Bonnin et ses deux fils relancent le chantier avec, à leur actif, la construction de bateaux de référence, dont le Pacific.
Après avoir développé l’entretien de bateaux, le chantier naval devient sous la houlette de René Bonnin une référence : création de dragons, de monotypes, de remorqueurs, de pinasses…
À l’aube des années 70, l’entreprise se spécialise dans la rénovation de bateaux anciens. À la tête de l’entreprise depuis 1998 dans laquelle travaille aussi sa sœur Sophie, Alexis Bonnin emploie aujourd’hui 9 salariés. Le chantier assure des prestations de manutention et d’entretien, de peinture et vernis, de charpente navale, de réparation plastique et de stockage.

Avis aux visiteurs

La magie de la construction navale opère et les chantiers Bonnin et Bossuet sont souvent sollicités. Si les visites des ateliers
ne sont pas possibles pour des questions de sécurité, les deux dirigeants n’ont rien contre les personnes qui s’arrêtent pour
prendre des photos du site, à condition de faire preuve d’un certain savoir-vivre.

Les pinasses du bassin d’Arcachon

Bateaux emblématiques du Bassin, les pinasses sont des bateaux en bois à fond plat utilisés à l’origine par les ostréiculteurs. Capables de naviguer sur de faibles profondeurs, ces embarcations sont parfaitement adaptées aux caractéristiques climatiques et géographiques de la région. À voile à l’origine et plutôt rustique, la pinasse est devenue à moteur et a été très utilisée pour la pêche à la sardine. Aujourd’hui, elles font le bonheur des plaisanciers.